par Dr Jacques Baugé-Prévost 
Disons tout d’abord que ce n’est pas seulement une image poétique ou symbolique. Depuis l’apparition d’une molécule géante (ADN) dans la mer primitive et la prolifération de cellules à noyau vrai (eucaryotes), tout organisme qui respire dépend de symbioses. Quel est donc ce conglomérat de lipides associés aux glucides et renforcés de protides qui évoluera en un être capable de réflexion?
Ne semble-t-il pas étonnant qu’une similitude puisse exister entre l’organisme végétal et l’être humain? Pourtant, si nous songeons que grâce au développement de la photosynthèse, nous devons aux plantes non seulement notre nourriture mais aussi l’indispensable oxygène et l’ozone (une couche de « peau » atmosphérique), menacé de nos jours mais, qui nous protège pour combien de temps encore des rayons dangereux du soleil. On comprend mieux que les plantes possèdent des systèmes fonctionnels qui correspondent à ceux de l’être humain.
«L’homme, disait Novalis, est un arbre qui a ses racines dans le ciel». La racine très minéralisée de la plante correspond en effet au « système-tête » ou encore au « système neuro-sensoriel ». La tête est la région de notre corps dont le développement de minéralisation est le plus avancé. La racine possède des organes sensoriels qui la rendent sensible aux forces terrestres et cosmiques. Nous pouvons voir dans la tête humaine et l’activité nerveuse une projection inversée du système-racine. Le cerveau humain sécréterait-il alors des hormones végétales? La science actuelle le confirme. Les remèdes à base de racines que nous utilisons dans les troubles du pôle céphalique et de son réseau de ramifications soulignent ces correspondances.
La plante est plus complètement elle-même dans sa partie verte (feuilles et nœuds adjacents). Elle absorbe le gaz carbonique (dioxyde de carbone) de l’atmosphère et déborde d’énergie formatrice. Par endosymbiose, nous sommes en présence de la relation entre la vie végétale et la respiration humaine, entre le pigment vert (chlorophylle) des feuilles et des thalles (végétaux inférieurs) et le pigment rouge (hémoglobine) du sang humain dont les compositions sont voisines (rapport magnésien et ferreux). La respiration est cellulaire (mitochondries). Les globules rouges captent l’oxygène de l’air et participent au retour du gaz carbonique à l’atmosphère.
Avec le fruit et la graine qui résultent d’elle, la fleur constitue l’organisme supérieur de la plante. Ce système est surtout celui de la reproduction et il correspond aux organes de l’abdomen humain (procréation). La médecine naturelle tire bon nombre de ses remèdes nutritifs, musculaires et génitaux dans les fleurs, les pollens, les fruits et les semences.
En somme, la plante a des analogies avec la tête humaine par le processus-racine, avec la poitrine par son processus foliaire, avec le métabolisme humain par son processus fleur-fruit-semence. Ainsi, dit-on d’une personne saine et bien faite : c’est une belle plante.
Nulle surprise, les algues marines (phytoplanctons notamment) produisent les trois quarts de tout l’oxygène de notre planète. À peine est-il nécessaire de conclure que la lutte pour la sauvegarde des océans et des forêts est intrinsèquement celle des humains. Ces deux super-ressources vitales mais limitées représentent la mémoire qui nous a vu naître et grandir au milieu des dangers. La plante humaine doit prendre le dessus, résolument et davantage sainement. Un besoin qui s’avère aujourd’hui pressant. Cette protection globale et consciencieuse relève de la religion naturelle ou d’une dévotion panthéiste (du gr. pan « tout » et theos « dieu ». La plante humaine devient la grande responsable des activités vitales.
Article que vous pouvez trouver dans notre bulletin de liaison Le Blé 2009.